Femme et Corruption : briser le silence et agir ensemble !

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Le Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres (LUCEG) a organisé mercredi 15 mai 2024 à l’hotel Radisson Collection, la 1ère édition du colloque international sur le genre et la lutte contre la corruption. Le thème retenu au cours de ces trois jours d’échanges est : « Femmes et corruption : Briser le silence et agir ensemble ! » ce colloque offrira une plateforme pour le partage d’expériences, d’idées et de stratégies entre les différents acteurs engagés dans la lutte contre la corruption et la promotion de l’égalité des genres.

« Ce thème, est assez révélateur et évocateur, car c’est une adresse, non seulement aux femmes et aux filles du Mali, mais aussi à la planète entière  pour plus d’implication et de détermination  dans le légitime combat contre les pratiques corruptives et discriminatoires qui affectent leurs droits », précise le ministre de la justice et de droit de l’homme, garde des sceaux, Mamoudou Kassogué. Et d’ajouter qu’elle fragilise, davantage, les couches vulnérables dont notamment les femmes et les filles tout en hypothéquant l’avenir de la Jeunesse. « La corruption est une pratique qui entrave le développement économique et social des pays et constitue un facteur compromettant pour la paix, la stabilité et la cohésion sociale », explique le ministre Kassogué.

En effet, à cet égard, il convient de souligner que, selon une estimation récente de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, le continent africain perd plus de 50 milliards de dollars par an en raison des flux financiers illicites.

Au Mali, certains chiffres fournis par l’Office central de lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI) qui, dans une étude réalisée sur les rapports des structures de contrôle du Mali, révèle que de 2005 à 2019, l’État a perdu 1 266 milliards de FCFA des suites de détournements de deniers publics, de fraudes aux marchés publics, de gaspillages et de détournements de biens de l’État. Selon le ministre Kassogué : « ces estimations, qui sont révélatrices de l’ampleur du désastre nous interpellent tous. C’est pourquoi le combat contre la corruption doit être une priorité et une affaire de tous. »

Aussi, l’organisation de cette activité s’inscrit en adéquation avec les priorités du ministère de la justice, chargé au premier chef de la lutte contre la corruption. C’est pourquoi il a entrepris, depuis quelques années, d’importantes réformes innovantes dans la lutte contre la corruption, sous le leadership du Président de la Transition, Colonel Assimi GOITA. Ces réformes ont conduit au renforcement du cadre institutionnel avec la création de certaines structures, dont notamment : le Pôle National économique et financier à travers la Loi n°2021-051 du 29 septembre 2021 portant modification de la loi n°01-080 du 20 août 2001, modifiée, portant Code de procédure pénale.

Par ailleurs, l’objectif de ce colloque est d’identifier et analyser les pratiques corruptives spécifiques aux femmes, aux filles et aux groupes vulnérables (personnes en situation d’handicap, déplacés internes, minorités ethniques ; accueillir les témoignages des femmes et des filles; Identifier des pistes de solution; Renforcer la participation des femmes; Perspectives internationales et bonnes pratiques et Publication d’un document de référence.

L’objectif du projet est de renforcer le pouvoir des femmes et des filles face aux pratiques corruptives et discriminatoires contribuant aux  injustes et aux inégalités entre les femmes dans la société malienne. Il a pour but de proposer aux acteurs et actrices intervenant dans le domaine d’avoir un moment de réflexion et d’échange sur ce fléau qui gangrène la société malienne et empêche le plein épanouissement et l’autonomisation des femmes, des filles et des groupes vulnérables. Il s’agit aussi de partager les bonnes pratiques issues des actions menées dans la lutte contre la corruption intégrant la dimension genre et équité.

Pour rappel, le projet LUCEG est mise en œuvre au Mali par l’école nationale d’administration publique du Québec (ENAP) et ses partenaire d’exécution, notamment les organisations de la société civile et l’office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). Financé par Affaires mondiales Canada, il s’inscrit dans la continuité des actions proposées par ENAP du Québec  dans le cadre de la mise en œuvre du projet JUPREC (justice prévention et réconciliation) au Mali.

En outre, réalisé dans le cadre d’une entente Canada-Mali, le projet luceg est placé sous l’égide de deux ministères : le ministère de la justice garde des sceaux et le ministère de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille.

Ainsi, cette première édition du colloque internationale sur le genre et la lutte contre la corruption, présidé par le ministre de la justice a enregistré la participation entre autres, l’Ambassadeur du Canada au Mali ; le Président de l’Office Central de lutte contre l’Enrichissement Illicite ; la Directrice du Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des Genres au Canada ; le Directeur Pays du Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des Genres.

Kossa Maïga

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